Guide de l'Inexpliqué - Combustion Humaine Spontanée


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Combustion Humaine Spontanée

Je ne sais si cela se peut, mais cela est.
Molière

 

La science peine à trouver une explication rationnelle au phénomène de la combustion humaine spontanée. Il faut de longues heures au feu intensif d'un crématorium pour calciner la chair d'un corps humain. Et après incinération, les os - laissés presques intacts par un feu à 1 600° - doivent être broyés. L'histoire pourtant a retenu des cas pour le moins étranges, où l'on retrouve des restes humains calcinés sans que rien aux alentours n'ait brûlé, et souvent sans qu'il y ait la moindre trace de flamme.

Les faits connus

  • 1673. Une "femme du peuple" est mystérieusement consumée à Paris. "Elle avait l’habitude de s’enivrer avec des « liqueurs fortes », au point que depuis trois ans elle ne mangeait plus. Un soir, elle s’endormit sur son grabat de paille et brûla dans la nuit. Au matin, on ne trouva que sa tête et le boût de ses doigts ; le reste du corps était en cendres", rapporte un certain Thomas Bartholin.
  • 1725. Jugement de Jean Millet, aubergiste à Reims, pour le meurtre de sa femme Nicole, le jour de la Pentecôte. On ne retrouvera d'elle qu'une partie de la tête et quelques vertèbres, à une trentaine de centimètres du foyer de la cheminée. Quarante-cinq centimètres de plancher avaient brûlé à l'emplacement du corps, mais un pétrin et un saloir, placés à proximité, étaient intacts.

    Le docteur Lecat réussit à convaincre les juges qu'il ne s'agit pas là d'un décès ordinaire. Les juges admettent l'existence d'une sorte de
    "feu justicier" lancé par Dieu pour châtier la femme de l'aubergiste, qui passait pour boire plus que de raison. Lecat publiera une thèse sur ce cas étrange.
  • 4 avril 1731. La comtesse Cornelia Bandi, agée de soixante-deux ans, dîne avec le chanoine Bianchini et s'endort après avoir bavardé avec sa camériste.

    Le lendemain matin, vers huit heures et demie, un affreux spectacle s'offre aux yeux de la femme de chambre :
    "Le plancher de la chambre,rapporte une gazette de l'époque, était parsemé de grosses taches d'apparence humide et gluante, tandis qu'un liquide gras, jaunâtre, écœurant, coulait le long de la fenêtre, emplissant la pièce d'une odeur répugnante".

    Des traces de suie salissaient les meubles. Par contre, le lit n'avait pas été endommagé et les draps chiffonnés indiquaient que la comtesse Bandi avait eu le temps de se lever. Elle gisait à 1 m du lit : un petit tas de cendres, deux jambes intactes toujours gainées de soie fine, une moitié de boîte crânienne, c'est tout ce qui subsistait de Cornelia Bandi.

    Le médecin légiste et les policiers appelés sur les lieux seront bien incapables d'avancer la moindre explication. Le magistrat chargé du rapport écrit :
    "Un feu mystérieux semble s'être allumé spontanément dans la poitrine de la comtesse". Le dossier sera classé.
  • 3 juin 1782. Le Docteur Mérille, chirurgien, est chargé d'examiner le corps d'une vieille fille, Mlle Thaus, retrouvée carbonisée, à Caen.

    Il écrit : "Le sommet de la tête gisait sur un des chenets, à quarante-cinq centimètres du feu. Le reste du corps gisait de travers, en face de la cheminée, et n'était plus qu'une masse de cendres. Même les os les plus solides avaient perdu leurs formes et leur consistance. On retrouva le pied droit entier, mais roussi. Bien que ce fut une journée froide, il n'y avait dans le foyer que deux ou trois morceaux de bois brûlés. [...] Pas un meuble de l'appartement n'était endommagé. On retrouva la chaise sur laquelle elle était assise, intacte, à une cinquantaine de centimètres. Le corps s'était consumé en moins de sept heures, bien que rien d'autre que les vêtements n'ait été calciné".

    Honnêtement, il ajoute que, dans la journée qui a précédé la disparition de Mlle Thaus, des témoins ont vu celle-ci absorber plusieurs litres de vin et un litre de cognac.
  • XIXème siècle. La mère d'un certain John Wright s'embrase soudain, alors qu'elle est assise, avec sa bonne, devant sa cheminée où brûle un peit feu. La bonne parvient à éteindre les flammes, mais un peu plus tard cela recommence. De nouveau, les flammes peuvent être éteintes. Mais le lendemain, on retrouve la vieille dame transformée en torche vivante, dans sa cuisine. On éteint encore le feu avant d'aliter Mme Wright. Mais elle reprent feu. Wright incriminera la bonne pour ces accidents, mais sa mère le dément énergiquement. Elle déclarera que c'était "quelque chose de surnaturel" qui l'attaquait.
  • Alentours de 1835. Rentrant de promenade, un professeur de l'Université de Nashville regagne son cabinet quand il sent soudain comme une brûlure à la jambe gauche. Il se frotte pour faire cesser cette douleur, mais celle-ci s'accroît. Et sur la jambe de son pantalon, il voit une flamme d'un ou deux centimètres de large qu'il parvient à étouffer avec les mains. Il n'a plus de peau sur 7,50 cm de long. Son pantalon porte à peine les traces de la brûlure mais son caleçon long, lui, est marqué au cet endroit. La brûlure de la jambe guérira très lentement. Ce cas est qualifié, à l'époque, de combustion spontanée partielle.
  • 1841. Le British Medical publie un article du docteur F. S. Reynolds sur un cas de combustion humaine. "Les jambes de la victime, une femme, étaient complètement carbonisées, alors que ses bas étaient intacts".
  • 24 décembre 1885. Patrick Rooney, sa femme et leur domestique John Larson, burent du whisky dans la cuisine. Larson alla ensuite se coucher et se réveilla le matin de Noël avec la migraine. En bas, dans la cuisine, il trouva tout recouvert d'une pellicule huileuse, et sur le sol, Patrick Rooney, mort. Lamon prit son cheval et galopa prévenir le fils de Rooney, John, qui habitait près de là.

  • Revenus à la ferme, les deux hommes remarquèrent un trou carbonisé prés de la table de cuisine. En regardant dans l'excavation, ils trouvèrent sur la terre, en dessous du plancher de la cuisine, un crâne calciné, quelques os brûlés et un petit tas de cendres. Le coroner jugea que Patrick était mort par asphyxie provoquée par la fumée du corps de sa femme qui brûlait. Le jury ne rendit aucun verdict. Mrs. Rooney avait disparu dans un feu d'une chaleur fantastique qui ne s'était pas étendu au-delà de ses alentours immédiats. Cela dépassait la compréhension de ce jury de fermiers du Middle West du XIXème siècle.
  • XXème siècle. Jack Stacey, pompier, est appelé pour un incendie dans une maison abandonnée de Londres. Le bâtiment en lui-même ne présente aucun signe de dégâts causés par le feu, mais lorsqu'il pénétre à l'intérieur de la maison, Stacey trouve le corps d'un SDF, connu sous le nom de Bailey, en train de brûler.

  • A l'agonie, Bailey avait mordu à pleines dents la rampe de l'escalier, ce qui indique qu'il était vivant lors du déclenchement de la combustion. Les pompiers devront écarter ses mâchoires à l'aide d'une barre de fer... "Il avait une fente d'environ 10 cm au milieu de l'abdomen", se rappelle Stacey. "Des flammes en sortaient avec la force d'un chalumeau".

    Pour tenter d'éteindre l'incendie, Stacey plaquera directement la lance d'incendie sur le ventre de la victime. Pour le pompier, il ne fait aucun doute que les flammes se sont déclarées à l'intérieur même du corps. L'origine de "l'incendie" n'a jamais été précisée. Il n'y avait, à proximité, pas de branchement de gaz ou d'électricité, ni même d'allumettes. Et si la victime avait laissé tomber une cigarette incandescente sur son ventre, des expériences menées par la suite démontreront que ça n'aurait pas suffi à produire un feu d'une telle puissance.


Les restes de Bailey mordant encore la rampe d'escalier

  • 1904. Près de Grimsby, en Angleterre, un fermier sauve sa servante d'une probable mort par combustion. La jeune femme était manifestement en train de brûler depuis un moment comme ses blessures en ont témoigné. Il racontera au journal local : "Notre servante balayait la cuisine. Un petit feu brûlait dans la cheminée, mais elle était à l'autre bout de la pièce et ne s'était pas du tout approchée du foyer. Je suis arrivé dans la cuisine à l'improviste. Le dos de sa robe était en feu. Pourtant, elle continuait à balayer. Elle ne se retourna que quand je me mis à crier".
  • 26 février l905. Alertés au matin par un curieux grattement, les voisins des Kiley s'aperçoivent que l'intérieur de leur maison est en flammes. L'homme est par terre, mort, brûlé. Sa femme se trouve dans un fauteuil, morte elle aussi, mais reconnaissable. Les deux corps sont entièrement habillés. Il apparaît qu'ils ont brûlé en même temps, avant d'aller se coucher, sans même appeler au secours.
  • 17 décembre 1907. Mme Thomas Cochrane, de Falkirk, est retrouvée dans sa chambre. Le Daily News raconte qu'elle était "tellement brûlée qu'il avait été impossible de la reconnaître". Personne n'avait entendu de cris et très peu de choses avaient brûlé.
  • 22 mars 1908. Margaret Dewar trouve le corps en voie de combustion de sa sœur, Wilhelmina, à Whitley Bay, Angleterre. Jambes et abdomen avaient complètement disparu. Elle alerte les voisins puis pénètre de nouveau dans la chambre. Les draps et les couvertures du lit de Wilhelmina ne sont absolument pas consumés et il n'y a aucune trace de fumée dans la maison. Margaret, au cours de l'enquête, s'en tenant à son histoire, magistrats et policiers déclareront qu'elle était ivre ce jour là. Les deux sœurs avaient toujours vécu dans la respectabilité, au dire de tous. Mais comme souvent, la presse s'empare du scandale.

    Au tribunal, Margaret reviendra sur ses dépositions et admettra avoir découvert sa sœur brûlée, mais vivante, au rez-de-chaussée de la maison, et l'avoir aidée à monter l'escalier et à se mettre au lit, où elle était morte. Triomphants, les médecins légistes déclareront le dossier clos. De fait, Margaret, devant la pression, s'était rétractée, mais sans aucun souci de vraisemblance : comment Wilhelmina, dans son état, aurait-elle pu monter l'escalier ? Et surtout sans laisser de traces ou tout brûler (y compris Margaret) sur son passage.
  • 1er juillet 1951. Mme Thomason rend visite à Mme Reeser, une de ses locataires, à Saint Petersburg, Floride. Inquiète de ne pas avoir de réponse en frappant à la porte, et alertée par une odeur de brûlé, elle appelle les pompiers. Ceux-ci enfoncent la porte et trouvent l'appartement intact. Avec, au milieu du salon, un point de combustion : un gros fauteuil a complètement brûlé, une tache noire salit le plafond, et le tapis est carbonisé. De Mme Reeser, il ne reste qu'une tête calcinée, réduite aux dimensions d'une balle de tennis, une vertèbre et un morceau de pied. Les médecins légistes ne peuvent pas expliquer le phénomène et classent l'affaire.


  • 18 septembre 1952. Glen Denney, quarante-six ans, se suicide en se tranchant les poignets. Il est retrouvé carbonisé, alors que rien n'a brûlé dans la pièce. "Le corps a pris feu pour une raison inconnue, alors qu'il tentait de se suicider", conclu le rapport des policiers.
  • 1958. Au beau milieu d'un bal, une femme se met à brûler avec de brillantes flammes bleues et, en quelques minutes, il n'en reste qu'un petit tas de cendres carbonisées. Le coroner déclarera : "Je n'ai jamais rencontré, dans toute ma carrière, un cas aussi mystérieux que celui-ci." A noter que, pour une fois, la mort se passe dans un lieu public, au milieu de la foule.
  • 7 avril 1958. Au large des côtes d'Irlande, le second du cargo Ulrich s'inquiète soudain des mouvements désordonnés du bateau. Surpris, il découvre que l'homme de barre a disparu. A sa place, un petit tas de cendres et une paire de chaussures légèrement calcinées. Limpide, le ciel exclut toute possibilité de coup de foudre inopiné.

    Le même jour, près d'Upton-by-Chester, en Angleterre, la police découvre, sur le siège d'un camion renversé dans un fossé, quelques ossements noircis mêlés à une cendre grasse. C'est tout ce qui reste du chauffeur, George Turner. Les coussins du camion, eux, sont à peine roussis.

    Un troisième cas le même jour est à déplorer à Nimégue, en Hollande. William Ten Bruick est retrouvé mort "brûlé au-delà de toute possibilité d'identification" dans sa Volkswagen. Pourtant les dommages sur le véhicule sont légers et le réservoir d'essence n'a pas pris feu et encore moins explosé.
  • 27 décembre 1958. De nouveau, trois décès au même instant. Une femme se serait consumé à Downham, dans le Kent, une autre à Brixton, et un homme à Balina en Irlande. Aucune de ces personnes ne se serait trouvait prés d'un feu, ni ne fumait.
  • 13 décembre 1959. Billy Peterson, vingt-sept ans, décide d'en finir avec ses jours, en s'asphixiant avec les gaz d'échappement de sa voiture. Retrouvé un peu plus tard, son état physique inquiétera les enquêteurs : alors qu'il était brûlé au troisième degré, ses vêtements et ses sous-vêtements étaient presque intacts.
  • 1960. On retrouve près de Pikeville, dans le Kentucky, cinq corps carbonisés dans une voiture. Le médecin légiste a déclaré : "Ils étaient assis comme s'ils venaient d'entrer dans la voiture. Avec toute la chaleur dégagée, on comprend mal qu'ils n'aient même pas essayé de se sauver".
  • 17 juin 1971. Léon Eveil est retrouvé carbonisé dans sa voiture, à Arcis-sur-Aube. La chaleur de son auto-combustion avait fait fondre le pare-brise. Normalement, une voiture en flammes atteint à peu près 700°C. Pour faire fondre du verre, il faut une chaleur d'au moins l.100 °C. Selon le docteur Wilton M. Krogman, anthropologue légiste de l'école de médecine de l'université de Pennsylvanie, il faut une température d'au moins 1.650 °C pour pulvériser un os humain.
  • 12 novembre 1974. Jack Angel, célèbre dans le pret à porter, a converti sa caravane en salon d'exposition. Il est garée sur le parking d'un motel à Savannah, en Géorgie, Etats-Unis. Après avoir fait son lit, il enfile son pyjama et s'endort. Il s'éveille quatre jours plus tard et remarque que sa main droite est noire du poignet jusqu'au bout des doigts. "Elle était brûlée, cloquée", a-t-il expliqué au chercheur Harry E. Arnold, qui a consacré de nombreuses années à l'étude du phénomène de la combustion humaine spontanée. "Et il y avait eu comme une explosion dans ma poitrine qui avait fait un trou, j'étais brûlé... à la cheville et dans le dos par taches".

    Comme il ne souffre pas, il se douche avant de remettre la chemise et le pantalon qu'il portait quatre jours plus tôt. Ni ses vêtements, ni ses draps, ne révèlent la moindre trace de feu. Tenant son bras blessé de l'autre main, Angel traverse le parking du motel mais quelques minutes plus tard, il s'évanouit. Il reprendra ses esprits à l'hôpital, en état de choc, et souffrant d'une douleur atroce. Les médecins sont eux aussi en état de choc en constatant que la brûlure s'est prolongée vers l'intérieur de l'avant-bras, détruisant une bonne partie des tissus cutanés. Angel demandera à sa femme de fouiller la caravane, ce qu'elle fera sans rien trouver, ni trace de feu ou d'objets carbonisés. Angel sera un peu plus tard amputé de l'avant-bras, car sa main s'est infectée, risquant d'envahir le bras tout entier.

Les brûlures de Jack Angel nécessiteront l'amputation de son avant-bras.

  • 12 mai 1977. La voisine de palier de Ginette Kazmirczak se réveille en sursaut. Sa chambre est pleine de fumée. Elle sort et voit de petites flammes qui dévorent le bas de la porte d'entrée de Mme Kazmirczak. Elle alerte les pompiers.

  • Le corps de Mme Kazmirczak gît carbonisé sur le plancher, contre la porte d'entrée, mais les jambes, le bassin et le bras droit sont intacts alors que la tête, le tronc et l'abdomen ne sont plus que cendres. Seul le plancher sous le buste de la victime révélera des traces d'incendie. Les murs et le sol sont maculés de suie, mais rien d'autres n'a brûlé dans l'appartement. Le poêle à mazout et le chauffe-eau sont éteins. L'électricité fonctionne correctement.
  • juin 1977. Une femme de cinquante ans salue ses voisins et rentre passer la nuit chez elle. Le lendemain matin, une odeur de brûlé intrigue une personne qui vient sonner chez elle. On appelle les pompiers, qui enfoncent la porte. Dans la salle de bain, on découvre un tas de cendres encore chaudes, quelques os calcinés et un pied intact...

Seul le pied de la victime sera retrouvé

  • janvier 1980. John Heymer, officier de la police judiciaire britannique, est mis sur une affaire de "décès par combustion", à Ebbw Vale, au pays de Galles.

    Sur le tapis du salon, il trouva un tas de cendre, deux pieds humains et un crâne noirci : les restes du corps d'Henry Thomas, 73 ans. Hormis le fauteuil à armatures en bois, brûlé aux deux tiers, dans lequel la victime était assise, rien n'avait été touché par le feu. Le salon, en revanche, était maculé d'une pellicule de chair humaine, comme vaporisé sur les murs et sur le mobilier, y compris sur les ampoules électriques et les fenêtres. Le tapis sur lequel était mort la victime n'était atteint que superficiellement.

    Selon le légiste, la victime serait tout simplement tombé dans l'âtre de la cheminée, aurait enflammé ses cheveux, puis se serait rassit sur son fauteuil sans bouger en attendant la combustion complète. L'expert légiste confirma que le fauteuil n'avait brûlé que lorsqu'il avait été en contact avec le corps, et que lorsque ce dernier était tombé au sol, il avait cessé de se consumer. La pièce étant calfeutrée, l'oxygène avait rapidement fait défaut. L'enquêteur demanda pourtant "comment un corps, contenant 45 litres d'eau avait-il pu brûler et être réduit en cendre alors que les textiles à proximité ne furent que superficiellement atteints ?" Bien qu'outré par la version du légiste, l'officier ne put la changer.
  • 1982. Jeannie Saflin, handicapée mentale londonienne âgée de 62 ans, prend soudain feu alors qu'elle était assise sur une chaise en bois, dans sa cuisine. Jeannie ne crie pas, ne bouge pas. Son père qui la voit soudain s'embraser, particulièrement le visage et les mains, la traîna jusqu'à l'évier et appelle son gendre Donald à la rescousse. Les deux hommes parviendront à éteindre le feu, mais Jeannie décèdera peu après à l'hôpital. L'inspecteur chargé de l'enquête ne trouvera aucune explication rationnelle. Il informera la famille de Jeannie que, selon lui, elle était morte accidentellement, victime d'une combustion spontanée.
  • 1986. Ironie du sort, George Mott, un pompier de 58 ans, à la retraite, est retrouvé carbonisé à New-York. Il ne reste de lui que deux kilos de cendres et quelques os. Comme souvent, rien d'autre dans la maison n'a brûlé, pas même une boîte d'allumettes toute proche de ses restes. Pour réduire en cendres son corps de cette façon, la température a dû s'élever aux environs de 2500 °C, bien plus qu'il n'en faut pour détruire un bâtiment entier.
  • 24 mars 1997. John O'Connor, 76 ans, est trouvé mort dans sa salle de séjour à Gortaleen, près de Tralee, Irlande, par l'infirmière qui lui rend régulièrement visite. Le corps avait été endommagé par un feu intense et localisé. Seuls sa tête, le haut de son torse et ses pieds sont intacts, dans une chaise placée à quelque distance de la cheminée. On constatera peu de dégâts dus à la fumée dans la pièce. Le père Patrick McCarthey, qui a assisté à la scène, déclare qu'il a cru que "quelqu'un avait versé essence sur ses jambes".

    Le téléphone à portée de main suggère que, soit le feu a pris à grande vitesse, ou que Mr O'Connor était déjà mort quand il a brûlé. Il avait été vu tard le soir précedent. Tom Conway, le Superintendent de Tralee déclare : "Mr O'Connor était un gros fumeur, et nous savons qu'il a souffert de trous de mémoire par le passé. Nous savons aussi qu'il s'est déjà brûlé ainsi. Aussi nous pensons qu'il s'est endormi sur sa chaise et qu'il a mis le feu avec sa cigarette".
  • 17 novembre 1998. Les cendres d'une femme de 67 ans sont découvertes près d'une chaussure contenant un bout de tibia dans une ferme près de Honfleur (Calvados).
  • 26 janvier 1999. Les sapeurs-pompiers ont la surprise de découvrir le cadavre à moitié carbonisé d'une octogénaire sans constater la moindre trace d'incendie dans son appartement parisien. Alors que son thorax et ses bras portaient les stigmates d'un feu très violent, ni les tapis, ni les tapisseries, ni même un tas de papiers posé à côté d'elle n'avaient brûlé.


Les hypothèses

    Toutes les explications, des plus "allumées" - mauvais jeu de mot - aux plus scientifiques, ont été avancées. Aucune ne semble satisfaire toutes les conditions ayant amené un corps à se consummer en quelques heures, sans se répandre et avec le minimum de dégats constatés.

  • Certains cas de combustion humaine spontanée pourraient s'expliquer par l'état de saturation alcoolique particulièrement prononcé des victimes. Une étincelle suffirait alors à les enflammer. Malheureusement, et le docteur Mann, auteur de l'hypothèse, le reconnaîtra lui-même, de nombreux cas de combustion spontanée concernent des personnes qui ne buvaient que de l'eau.
  • Certains scientifiques ont imaginé une sorte de "dissolution physique", consécutive à la prise de médicaments. Mais les enquêtes montrent souvent que beaucoup de victimes ne suivaient aucun traitement. De plus, les médicaments consommés de nos jours n'ont que peu de rapports avec ceux du 18ème siècle, par exemple. Il faudrait retrouver un ou plusieurs principes actifs totalement inchangés.
  • Les évènements du 7 avril 1958 feront dire à Guy Breton : "Cette coïncidence a permis à certains enquêteurs d'avancer une explication digne des meilleurs films fantastiques : ce jour-là, une force inconnue aurait planté sur la Terre une sorte de trident aux pointes de feu !".
  • Dans le même ordre d'idées, la punition divine a ses adeptes, bien qu'elle soit difficilement défendable pour les athées et tout aussi difficilement prouvable pour les croyants. On a tout de même vu dans le Suaire de Turin les restes d'une combustion humaine spontanée.
  • Plus sérieusement, on a également prétendu que les victimes auraient pris feu naturellement, en s'approchant trop d'une flamme. Ce qui n'explique pas la moitié des cas, particulièrement dans les pièces closes, les salles de bains, les voitures ou en mer.
    Pourtant, cette combustion spontanée est à l'origine de la théorie de la "bougie". En considérant qu'un corps humain, même parmi les plus maigres, contient une grande quantité de graisses, celles-ci, une fois enflammées par une flamme, une cigarette, continueraient longtemps à brûler, comme une bougie. Le corps humain se comporterait comme une mèche.
    De plus le feu a tendance à monter, ce qui expliquerait qu'il reste souvent un pied, des jambes qui ne sont pas atteins par les flammes. Et quand la victime tombe au sol, il faut la considérer comme une buche dans une cheminée. Le feu a beaucoup de mal à circuler à l'horizontale, ce qui explique que les extrémités de la bûche, et par analogie, les membres d'un être humain, ne soit pas carbonisés. Reste que parmi les victimes, nombreux sont ceux qui se trouvaient loin d'un corps inflammable.
  • Le baron Karl von Reichenbach, lui, parle des "miasmes de putréfaction" du corps humain. Bien que le phénomène des feux follets soit bien connu, de tels gaz ne concernent que des corps déjà morts et en décomposition et n'a jamais été observé chez des malades, et encore moins chez des gens bien portants.
  • Plusieurs auteurs, intéressés par la combustion humaine spontanée, ont cru remarquer que beaucoup des victimes auraient, d'une certaine façon, renoncé à la vie, par misère ou par désespoir, certains allant jusqu'à se suicider physiquement. Ils auraient alors relâché les énergies physiques et psychiques de leur corps. Ce serait donc une sorte de suicide psychique. Cette hypothèse est loin de faire l'unanimité.
  • Certaines études, que je n'ai pu vérifier pour l'instant, indiqueraient que les cas de combustion humaine spontanée augmenteraient quand la courbe géomagnétique de la Terre serait à son maximum. Cette courbe varie considérablement en fonction de l'activité solaire. Cela serait le signe d'une interaction entre certaines conditions astronomiques bien spécifiques et l'état physique d'un individu. Reste à expliquer comment le magnétisme solaire a été enregistré il y a deux siècles, alors que les ondes étaient encore inconnues.
  • Selon plusieurs physiciens, des "boules de feu", (revoyez Tintin - Les 7 boules de cristal) résultat d'une chaîne d'événements complexes, probablement une interaction entre certaines conditions astronomiques, pourraient dégager une énergie immense, qui produirait des ondes radio identiques à celles d'un four à micro-ondes. Dans cette hypothèse, les combustions spontanées à l'intérieur de vêtements intacts deviennent possibles. Elles seraient dues à la présence de boules de feu à proximité du corps (ou bien dans le corps). Ou alors à l'action d'un gigantesque champ d'ondes radioactives, qui aurait formé une boule de feu s'il n'y avait pas eu un corps à consumer.
  • La tentative de possession par un esprit. Celui-ci essayerait de parvenir à se fondre dans le corps de la victime, sans y parvenir, lui causant des brûlures irrévrsibles.

Bibliographie

  • Guy Breton : Histoires magiques de l'Histoire de France
  • Jacques Bergier : Le livre de l'inexplicable
  • Editions Atlas : Inexpliqué
  • Emme Interactive : Phénomènes inexpliqués
  • L'inconnu n°246, Mars 1997
  • Facteur X N°5
  • Michael Harrison : Fire From Heaven
  • Vincent Gaddis : Mysterious Fires and Lights
  • Francis Hitching : The Mysterious World: An Atlas of the Unexplained
  • Frank Edwards : Stranger than Science
  • Reader's Digest: Mysteries of the Unexplained

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